samedi 12 novembre 2011

Billet 3


Vous êtes-vous déjà dit (en parodiant Renaud) « Putain, où c'est que j'ai mis mon cellulaire? » ratant ainsi une photo qui vous aurait valu une publication dans un journal, qui sait qui aurait pu faire le tour de la Terre?

À qui la faute?

Honduras, hiver 2003. Je visite un petit village de Garifunas nommé Miami. Rien à voir avec le paradis américain, cet endroit situé sur le bord de la plage abrite un peuple vivant dans de petites maisons de palme, sans eau courante ni électricité. Ayant comme principal revenu la culture de cocotiers, les Garifunas ont été récemment touchés par la pauvreté, car « une étrange maladie – inconnue, inexpliquée parait-il – a fait disparaître tous les cocotiers sur la plage. » (EchoWay, 2004 : 3e par.). À l’entrée du village, on ne voit que les troncs des cocotiers dénudés de feuilles.  



Voilà une chance inouïe pour moi de prendre quelques clichés, puis de rédiger un article sur le sujet. Je débute donc ma recherche. J’interroge plusieurs membres de la collectivité, la majorité me transmet leur crainte face aux Latinos. Selon eux, cette catastrophe résulte des agissements des Latinos, car ces derniers souhaitent voir disparaître le peuple Garifuna. Je rencontre plusieurs personnes qui m’affirment cette théorie. J’ai enfin trouvé un sujet inédit! Ainsi, je pars de ce village et je vais à la rencontre du peuple opposé, les Latinos, afin de connaître leur version des faits. Selon plusieurs  études déjà réalisées à cet effet, les cocotiers ne sont pas sous le joug des Latinos, mais ils sont plutôt atteints du jaunissement mortel du cocotier. Cette maladie est transmise « par des insectes et a la particularité d’anéantir totalement, en un ou deux ans, une plantation de cocotiers » (Mariau, 1999 : 35). Maintenant, des chercheurs tentent de trouver un remède pour récupérer ces plantations.

Mon article sur la guerre entre deux peuples ne sera jamais publié, et ne fera certainement pas le tour de la planète. La mort des cocotiers n’est pas le fruit d’un phénomène inexpliqué provenant d’une vengeance extrême. Une maladie sous observation en est la cause. Mais il y a plus important que cela; que les Garifunas retrouvent la base de leur alimentation et de leur revenu, les cocotiers.


Bibliographie

EchoWay. 2004. Miami – Pélican Café. [En ligne] URL : http://www.echoway.org/page12.php?ct=7&py=290&li=17. Consulté le 11 novembre.

Mariau, Dominique. 1999. Les maladies des cultures pérennes tropicales. France : CIRAD, 287 pages.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire