Vous êtes-vous déjà dit (en parodiant Renaud) «
Putain, où c'est que j'ai mis mon cellulaire? » ratant ainsi une photo qui vous
aurait valu une publication dans un journal, qui sait qui aurait pu faire le
tour de la Terre?
À qui la faute?
Honduras, hiver 2003. Je visite un petit village
de Garifunas nommé Miami. Rien à voir avec le paradis américain, cet endroit situé
sur le bord de la plage abrite un peuple vivant dans de petites maisons de
palme, sans eau courante ni électricité. Ayant comme principal revenu la
culture de cocotiers, les Garifunas ont été récemment touchés par la pauvreté,
car « une étrange
maladie – inconnue, inexpliquée parait-il – a fait disparaître tous les
cocotiers sur la plage. » (EchoWay, 2004 : 3e par.). À l’entrée
du village, on ne voit que les troncs des cocotiers dénudés de feuilles.
Voilà
une chance inouïe pour moi de prendre quelques clichés, puis de rédiger un
article sur le sujet. Je débute donc ma recherche. J’interroge plusieurs membres
de la collectivité, la majorité me transmet leur crainte face aux Latinos.
Selon eux, cette catastrophe résulte des agissements des Latinos, car ces
derniers souhaitent voir disparaître le peuple Garifuna. Je rencontre plusieurs
personnes qui m’affirment cette théorie. J’ai enfin trouvé un sujet inédit!
Ainsi, je pars de ce village et je vais à la rencontre du peuple opposé, les Latinos,
afin de connaître leur version des faits. Selon plusieurs études déjà réalisées à cet effet, les
cocotiers ne sont pas sous le joug des Latinos, mais ils sont plutôt atteints
du jaunissement mortel du cocotier. Cette maladie est transmise « par des
insectes et a la particularité d’anéantir totalement, en un ou deux ans, une
plantation de cocotiers » (Mariau, 1999 : 35). Maintenant, des chercheurs
tentent de trouver un remède pour récupérer ces plantations.
Mon
article sur la guerre entre deux peuples ne sera jamais publié, et ne fera
certainement pas le tour de la planète. La mort des cocotiers n’est pas le
fruit d’un phénomène inexpliqué provenant d’une vengeance extrême. Une maladie
sous observation en est la cause. Mais il y a plus important que cela; que les
Garifunas retrouvent la base de leur alimentation et de leur revenu, les
cocotiers.
Bibliographie
EchoWay. 2004. Miami – Pélican Café. [En ligne] URL : http://www.echoway.org/page12.php?ct=7&py=290&li=17.
Consulté le 11 novembre.
Mariau, Dominique. 1999.
Les maladies des cultures pérennes tropicales. France : CIRAD, 287 pages.

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