Parlez-nous de vos expériences dans les mondes virtuels. Êtes-vous
joueuse? Déambulez-vous dans l'espace Second Life?
Vie virtuelle, problème réel
À peine trente ans et déjà préhistorique? Faute de vouloir l’assumer, la
technologie a révélé mon âge. Je ne suis pas de la génération Y; la génération
virtuelle. Pourtant bien à l’affût des nouvelles tangentes technologiques, la
consommation des jeux virtuels ne figure pas parmi mes activités
quotidiennes. Bien entendu, je connais ces mondes parallèles, mais je ne m’y suis jamais attardée en
tant qu’utilisatrice. L’ampleur des catastrophes réelles causées pas les mondes
virtuels titillait plutôt mon attention.
C’est d’abord par l’histoire de Amy et Dave, deux fanatiques du jeu Second Life, que j’ai découvert le côté
pervers d’une vie alternative. En couple dans la vie réelle ainsi que dans la
vie virtuelle avec David Pollard, alias Dave Barmy, Amy « […] a engagé une procédure de divorce [dans la vie réelle] à cause des
infidélités de son mari dans le monde virtuel Second Life » (Agence
France-Presse, 2008 : En ligne, 1er par.).
Comme si « la vie terrestre » ne comprenait pas assez d’embûches, cette seconde
vie complique davantage les relations pour plusieurs, en augmentant le risque
de malentendus.
Peu de temps après, j’ai été abasourdie en
lisant ces lignes : « Une femme de 43 ans
participant à un jeu virtuel au Japon était tellement mécontente du divorce de son
avatar d'avec son mari en ligne qu'elle s'est connectée en utilisant le mot de
passe de ce dernier et a « tué » son personnage numérique » (Associated Press Tokyo, 2008 : En ligne, 1er
par.). Le pire dans cette histoire? Cette Japonaise a été physiquement mise en
détention.
Ces jeux prennent tant
de place dans la vraie vie qu’ils brouillent la compréhension entre le vrai du
faux, entre le réel et la fiction. « […] une portion non négligeable des citoyens de ce
pays virtuel y développent une dépendance maladive parce qu'incapables de
fonctionner dans le monde réel. Poussés à l'extrême, les refuges dans des
mondes imaginaires peuvent se solder par de sévères pathologies » (Brunet,
2007 : En ligne, dernier par.). Si ces jeux divertissent et libèrent les
pulsions pour certains, ils constituent des outils destructeurs pour d’autres. Une
nouvelle psychopathologie est née; la cyberdépendance.
Vous arrive-t-il de vous fier seulement à Wikipédia?
Oui à Wiki, mais pas à
n’importe quel prix!
Depuis qu’Internet est Internet, mes
collègues, mes amis, mes parents, mes professeurs et même des connaissances
m’ont toujours avertie de ne pas me fier uniquement à Wikipédia lorsque j’avais
besoin d’une référence. Il y a quelques années, je n’osais même pas lancer un
regard à cet outil, de peur d’être influencée par une information erronée. Depuis,
je me suis forgé une opinion personnelle à ce sujet. En forte croissance,
Wikipédia regorge d’information pertinente et souvent juste. Je n’élaborerais
pas une recherche en me basant uniquement sur ce contenu, car comme le
mentionne le blogueur Mario Asselin, « […] chacun peut modifier l’information,
il faut être vigilant, […]. Beaucoup de cas de manipulation de l’information
ont été documentés. C’est un très bel endroit pour commencer une recherche,
mais il faut valider l’information ailleurs » (Perron, 2008 : 6e
par.). Effectivement, Wikipédia facilite le démarrage d’une recherche. Aussi,
cet outil permet de confirmer ou infirmer certains soupçons ou encore valider
une pensée. Mais comme mes proches m’avaient jadis mise en garde, je pense que
la prudence est à propos, comme pour la majorité de l’information qu’on trouve
sur le Web. Colette Brin, enseignante en journalisme à l’Université Laval, est
« […] en faveur de la liberté de l’information, et l’idée d’interdire un site
ne [lui] plaît pas trop. On peut évaluer la qualité de l’information qu’on
trouve sur Wikipedia dans la mesure où on fait une recherche parallèle. Pour
des événements récents, Wikipedia est certainement meilleure qu’une
encyclopédie traditionnelle » (Perron, 2008 : 5e par. sous «
Wikipedia contre Britannica »).
En somme, Wikipédia peut contribuer à l’ébauche
d’un travail. Toutefois, la vérification de nos sources est la clé du succès! Et
si la référence à Wikipédia est acceptée par certains professeurs
universitaires, il faut garder l’œil ouvert sur la pertinence des informations
inscrites. « On vient sur Wikipédia comme sur le Quid pour trouver une
broutille d’information, une date, un lieu, un événement. Comprendre quelque
chose de complexe réclame et réclamera toujours la même chose, qu’il s’agisse
de l’achat d’un livre, de l’écoute d’un enseignant, ou de la consultation d’un
[sic] page numérique : du jugement » (Foglia, 2008 : 123).
Bibliographie
Foglia, Marc. 2008. Wikipédia, média de la connaissance démocratique? France : FYP Éditions, 240 pages.
« Site Web
personnel tenu par un ou plusieurs blogueurs qui s'expriment librement et selon
une certaine périodicité, sous la forme de billets ou d'articles, informatifs
ou intimistes, datés, à la manière d'un journal de bord, signés et classés par
ordre antéchronologique, parfois enrichis d'hyperliens, d'images ou de sons, et
pouvant faire l'objet de commentaires laissés par les lecteurs. » (Office
québécois de la langue française, 2009 : sous « définition ») : le
blogue. Phénomène grandissant sur le Web, le blogue répond à un besoin de plus
en plus présent chez les internautes; l’interactivité. Le blogue permet non
seulement de multiplier les communications, mais également de bonifier le
contenu rédactionnel en contenu multimédia. Effectivement, cette technologie
constitue un support journalistique, mais aussi relationnel et publicitaire,
parfois même artistique. « Selon
Olivier Niquet, plusieurs rédacteurs citoyens s’emparent du clavier et de la
souris afin d’acquérir un statut ou de se forger une réputation sur internet
et, à terme, dans les médias traditionnels. D’autres le font pour développer
des liens avec d’autres personnes ayant des intérêts similaires. Quelques-uns
(trop rares) rédigent pour tenter de donner un sens à un sujet ou de mieux le
comprendre. Et enfin, plusieurs le font tout simplement pour informer et être
informé, pour divertir et être diverti et pour le simple plaisir de créer »(Dumais, 2007 : En ligne, 2e par.
sous « L’objectivité globale »).En effet, le blogue permet à quiconque de faire de la communication
publique. Ainsi, il peut s’improviser journaliste, en autant qu’il soit lu!
Parmi les
divers moyens de communication disponibles sur le Web, le blogue constitue un
outil de choix pour le journaliste; simple, facile d’accès, gratuit, convivial,
instantané, etc. Le blogue contribue au « … processus de sélection, de
traitement et de diffusion de “ l’information ”, au sens large du thème,
[relevant] non seulement des organismes de presse, mais aussi des institutions,
des entreprises, des groupes et autres mouvements qui interviennent
régulièrement sur la place publique en tentant de donner le plus large écho
possible aux messages qu’ils destinent aux citoyens » (Bernier, Demers, Lavigne, Moumouni, Watine, 2005 :
2). Autrefois laissée à l’élite et aux
professionnels (journalistes, publicitaires et relationnistes), la
communication publique est maintenant accessible à tous. Si la nature de
l’information résidait dans le concept émetteur-récepteur, les méthodes de
diffusion ont changé. Les jadis récepteurs souhaitent maintenant participer. Le
blogue permet au citoyen de transmettre ses commentaires et ses états d’âme,
mais aussi de l’information publique. Ce dernier agi alors à titre de
journaliste citoyen, en publiant des articles à caractère journalistique sur
des sites comme AgoraVox et Rue89. Espace global de production et de
circulation de message, la communication publique est la raison d’être du
journalisme, tant professionnel que citoyen. Autant le professionnel y publiera
ses informations pour être entendu, autant il pigera à travers cette banque
infinie d’idées afin de trouver l’exclusivité qui augmentera sa visibilité, et
par conséquent, le nombre de clic sur sa page Web. De plus, certains
journalistes professionnels utilisent leur blogue afin de sonder les
internautes, ou encore pour confirmer des rumeurs sur le Web, avant d’écrire un
article dans leur journal.
Le blogue
est donc un outil incontournable pour les journalistes professionnels.
Maintenant, la majorité des quotidiens publient leur contenu et même des
compléments sur Internet. Ainsi, les journalistes à l’emploi de ces
publications possèdent un blogue, qu’ils entretiennent très régulièrement,
laissant la place au public pour émettre des commentaires. « “ Le blogue me permet d’avoir un contact soutenu
avec le lectorat ”, [lance] pour sa part Michel Dumais. “ Je l’utilise pour
solliciter des opinions concernant des idées d’articles et comme débouché pour
les choses qui ne trouvent pas de place dans mes reportages à CTV ou au Globe and Mail ”, renchérit David Akin » (Proulx, 2004 : En
ligne, 11e par.).Par exemple, mentionnons le blogue de
Patrick Lagacé, hébergé sur le site de Cyberpresse.
Fort d’une grande notoriété, son blogue est visité et commenté par des milliers
d’internautes. Patrick Lagacé intervient aussi plusieurs fois par jour sur son
blogue et il interagit avec le public. Il précise : « En décembre 2005, j’ai commencé à bloguer, avec un
zèle pas toujours sain, selon certains de mes proches. En décembre 2006, je
commence à bloguer sur Cyberpresse. J’en suis pas mal remué, en plus.
Petit guide des règlements : ce blogue est modéré, les insolents, les imbéciles
et les méchants risquent de voir leurs messages supprimés. Oui, la vie est
injuste, mais c’est comme ça » (Lagacé, 2006 : En ligne, 1er
par.). Et oui, malgré le grand achalandage sur son blogue, il doit supprimer
certains commentaires inadéquats. Où en est la liberté d’expression? Bien
évidemment, là où elle brime la liberté d’autrui. « Bloguer pour le meilleur et pour le pire, en somme. Et
si les commentaires virulents sont l’exception, ils placent les journalistes
devant un problème inédit : les gérer, mais sans brimer la liberté d’expression » (Daudens, 2008 : En
ligne, 3e par.).
D’un autre côté, certains
journalistes ne voient aucun avantage dans l’utilisation des blogues. Au
contraire, l’interactivité demeure un frein pour leur travail. Pierre Foglia, collègue
de Patrice Lagacé sur Cyperpresse
mentionne : « Ce que je n'aime pas de vos blogues, confrères, c'est qu'ils
ne sont pas des îles. N'importe qui peut y aller à pied, s'asseoir sur votre
galerie, jaser. Cette promiscuité, ouache! […] J'entends des gens qui sont
pour, c'est maintenant notre galaxie, notre cité, l'avenir sera numérique ou ne
sera pas. J'entends des gens qui sont contre, le Net est une poubelle, une
honte, la fin de la démocratie, de la culture. Moi, je ne suis pas contre. Je
ne suis pas pour. C'est pire : je ne suis pas là. Je viens de la galaxie
Gutenberg. Un monde ou les mots n'étaient pas rétro-éclairés. Un monde où l'on
écrit en silence » (Foglia, 2009 : En ligne, 16e par.). Pierre
Foglia jouit effectivement d’une notoriété assez grande pour rejeter le bloque…
et se faire respecter. Mais pour les jeunes de la relève, leur destinée est
différente afin de se faire connaître.
Le blogue, est-ce
incontournable pour l’avenir du journalisme professionnel? Aujourd’hui, c’est l’originalité, la pertinence et
la persévérance qui est de mise. Depuis l’avènement d’Internet, le blogue est devenu un passage obligé pour
les journalistes afin de pouvoir œuvrer pour des magazines culturels. Au lieu
de passer par la forme académique, il est désormais recommandé de prouver ses compétences
de rédacteurs en publiant gratuitement sur un blogue, comme pour Bang Bang, Voir, Urbania... Après
plusieurs billets révélateurs où la communauté a réagi, signifiant ainsi la
pertinence du contenu, le blogueur aura peut-être la chance de se voir
attribuer une rémunération pour ses publications, comme Julie Ledoux, qui s’est
fait connaître en publiant sur Bang Bang, Voir, Hour, Showbizz.net et Branchez-Vous. Pour certains, c’est le fruit du hasard qui les a
propulsés, mais pour d’autres, c’est un long processus auquel ils ne
s’attendaient pas lorsqu’ils ont complété leurs études.
Les médias
traditionnels proclament la certification universitaire comme gage de contenu
de qualité, tandis que les médias émergents préfèrent l’originalité du contenu,
la diversité et la gratuité d’Internet. D’une part, il n’y a rien de mieux que
la pratique pour réussir. Les journalistes citoyens, les blogueurs émotifs et
les poètes de la rue sauront ainsi trouver leur place sur le Web. Mais la
cacophonie des nouvelles technologies brouille parfois les pistes afin de
cerner le vrai du faux, l’information à la désinformation. Avec la rapidité et
la facilité d’utilisation du blogue versus la précarité de la profession
journalistique et la chute des médias traditionnels, il y a matière à
inquiétude. Voici un reportage exposant l’événement majeur qui a contribué à la
débâcle des médias traditionnels et au virage vers les blogues. Plusieurs
témoignages exposent les points de
vue de journalistes citoyens influents.
En somme,
les journalistes professionnels peuvent difficilement rivaliser avec le Web
(sauf quelques exceptions bien entendu). Puisque le choix des sources et des
contenus se compte par millier sur le Web, les lecteurs sont de moins en moins
fidèles à un quotidien traditionnel. La référence académique n’est plus prêchée,
les lecteurs veulent du contenu original et bien écrit, reflétant leurs
opinions et leurs valeurs. Malgré les points faibles et les points forts, le
blogue est un nouveau média qui s’installe dans notre quotidien pour y rester,
comme le journal et le bulletin de nouvelles télévisées l’ont été auparavant. Véritable
outil de communication publique, « Le phénomène blog accompagne la croissance
fulgurante de l’utilisation d’internet, sa vulgarisation et son intégration à
nos habitudes quotidiennes » (Desavoye,
Ducamp, de Mazenod, Moisan, 2000 : 17). En constante évolution, ce phénomène progresse sans cesse,
au même rythme que la compétition journalistique. Dans quelques années, que
sera notre référence pour s’informer? Même Laflaque se questionne à ce sujet, trouvant les propos abordés par les journalismes plus ou moins pertinents :
Bibliographie
Bernier, François, Demers,
François, Lavigne, Alain, Moumouni, Charles, Watine, Thierry. 2005. Pratiques novatrices en communication publique : journalisme,
relations publiques et publicité.
Canada : Les presse de l’Université Laval, 179 pages.